Ce mois-ci, je fête mes 8 ans en Espagne. A vrai dire, je ne me souviens pas de la date exact de mon arrivée, mais je me souviens très bien que j’étais très stressée. Je profite de cet article pour revenir un peu sur ces 8 années en Espagne.
J’ai déjà rédigé un article sur mon installation en Espagne (comment je suis arrivée et comment je suis restée), et un autre sur mes plus beaux souvenirs de voyage ici. Dans celui-ci, j’ai plutôt envie de m’articuler autour de ce que je retiens de ces 8 ans : le positif, le négatif, les challenges, les projets.
8 années, 1 leçon : on ne regrette jamais d’oser
Partir, ça fait peur. J’avais une vie sociale bien remplie en Belgique, de belles études réussies, et la perspective d’un emploi considéré comme « bon ». Et pourtant, il y avait cette petite voix, au fond : mais tu n’as connu que ça, et s’il y avait mieux ? Et si tu regrettais plus tard de ne pas avoir tenté autre chose ?
Oser partir. Oser se lancer dans l’inconnu. Oser travailler dans un cadre qui n’est pas le sien. Oser prendre une colloc avec des inconnus. Oser … et ne pas regretter !
J’avoue aussi que j’ai eu de la chance et peut-être que mes mots ne seraient pas les mêmes sans mon compagnon. Il m’a poussée, il m’a aidée à partir, et on savait aussi qu’il me rejoindrait. Ça aide, c’est sûr 😍
Les débuts : non, ce n’est pas magique dès le premier jour
Je suis arrivée à Valencia comme assistante de langue française, via WBI, un organisme qui encadrait tout ça. Mais concrètement, il y a une chose que je peux vous partager : non, ce n’est pas magique dès les premiers jours. J’ai eu cette sensation là en lisant certains récits d’expat, en voyant certains posts sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas la réalité, en tout cas pas la mienne.
Je me souviens super bien de ma première nuit dans l’Airbnb que j’avais loué en attendant de trouver une colloc. J’étais allée me chercher à manger au Mercadona, j’ai mangé devant une série, et après … je me suis vraiment dit : mais qu’est-ce que je fais là ?!
Et ça a duré 2-3 jours comme ça.
Ensuite, j’ai dû m’occuper en cherchant une colloc, donc mes journées se sont rythmées avec les visites d’appartements. Et c’est aussi là que j’ai commencé à rencontrer du monde. On a organisé de prendre un verre, de se retrouver à la plage. Et finalement, petit à petit on se crée un cercle, une nouvelle vie.
Niveau espagnol, j’étais très mauvaise. J’étais épuisée en fin de journée, rien qu’à faire l’effort de parler et de comprendre 🤭. Il m’a fallu 3 mois pour être plus à l’aise et moins fatiguée.
J’ai eu environ 2 semaines avant de commencer le boulot, et une fois que c’était lancé, ça m’a aussi donné un rythme. 3 – 4 mois après mon arrivée : je me sentais bien. Et 6 mois plus tard, mon compagnon me rejoignait : je retrouvais mon petit noyau, notre petit duo. Le tout dans ce nouveau cadre qui était Valencia.
Attention, je vous ressors quelques archives de mes stories Instagram 🙈



Les petites choses du quotidien qui rendent la vie douce ici
J’ai quitté la Belgique juste après mes études, donc pas vraiment d’expérience de la « vie active » là-bas. Mais, c’était tracé : un boulot prenant, du stress et sûrement une maison et tout le tralala (sans jugement du tout, je pense qu’on a tous notre idéal de vie et il peut être différent pour chaque personne). J’ai fait 6 ans d’études, avec 3 jobs étudiants à côté. Je sortais beaucoup et je faisais beaucoup de sport. J’ai toujours été surnommée « celle qui ne s’arrête jamais », celle qui peut même décourager les autres tant elle fait de choses. Agaçante 🙈. J’ai toujours vécu avec beaucoup de stress aussi : je mets la barre haut dans tout ce que j’entreprends, et je ne suis pas toujours indulgente avec moi-même.
Puis l’Espagne. Une vie plus calme, une mentalité qui apprend à dire « on verra ». Prenons une pause au soleil, rien n’est grave, rien n’est urgent (je parle évidemment des futilités de la vie, hein, rien qui ne met en danger un être humain).

Aller le week-end à la plage sans devoir « faire des choses ». On s’éternise à table, et alors ? On reporte à demain, et alors ?
C’est facile à écrire, j’ai encore du mal aujourd’hui avec certains points. Mais depuis que je vis ici, c’est une version de moi plus calme (je sais que tout le monde ne va pas me croire, mais promis).
La bougeotte : direction Tenerife
Quelqus années plus tard, une nouvelle petite voix : mais on ne connaît que Valencia, et si on se plaisait encore mieux ailleurs ? Et si on partait vivre un peu plus loin, dans un environnement moins ordinaire ? Une île !
J’ai la bougeotte. Déjà en Belgique, avec mes parents, on a beaucoup déménagé. Ensuite, j’ai fait 3 ans à Namur, 3 ans à Bruxelles pour mes études, et à chaque fois, partir était dur, mais ça me stimulait. Là, c’était la même chose : un besoin de bouger sans vraiment savoir l’expliquer. Une intuition, peut-être.
Alors on a osé (oui car j’ai de la chance, mon mec me suit toujours dans mes idées 😂). Et on ne l’a pas regretté.


Sortir de sa zone de confort, ça ouvre aussi d’autres portes
Toute cette vie en Espagne, ce n’est pas que personnel d’ailleurs. Ça a aussi façonné toute ma vie professionnelle. Je ne savais absolument pas que je finirais à mon compte (même si mes proches disent le contraire : ils étaient persuadés que je finirais indépendante, haha). Je n’aurais jamais pensé non plus me lancer dans un blog (celui-ci), puis un deuxième (Explore-Canaries), puis dans une agence web avec Le Studio Marlie. Sans parler d’écrire des livres de voyage pour Gallimard. Bref, ça stimule.
La distance : un mal pour un bien ?
Quand on lit certains récits d’expat, la question des proches revient fréquemment. Et c’est bien normal. Les premières années, je rentrais beaucoup en Belgique. Ça a diminué au fil du temps (j’ai aussi adopté un chien, ça complique un peu la logistique), puis je suis partie vivre sur une île.

Donc oui, c’est dur. C’est dur de voir des photos des copains qui se réunissent le week-end, d’un repas de famille, … Mais on savoure d’autant plus quand on reçoit de la visite. Quand les gens viennent nous voir, ils sont en vacances, ils ont le temps. Alors moi, je ne suis pas tout le temps en vacances, mais dès que j’ai fini le boulot, je suis là pour eux. Et se voir 10 jours, où on passe vraiment du temps ensemble, ce n’est finalement pas mieux qu’un coup de vent un dimanche sur deux entre deux activités ?
Et pour la suite ?
Je me projette toujours en Espagne. Mais croyez le ou non, la bougeotte recommence. Je me plais super bien à Tenerife mais j’ai envie de revenir sur le continent. On s’est donc donné un an (peut-être que ce sera plus, n’oubliez pas qu’en Espagne c’est ok de prendre le temps). J’aimerais finir mon travail sur Explore-Canaries avant et puis … Go.
8 ans donc et visiblement l’histoire n’est pas finie 🫶




4 réponses
Trop chouette de lire ce « bilan » 🤩 Hâte de voir la suite hihi 🥰
Merci beaucoup ! 😍
Hihi hâte de partager ça aussi 🤭
Récit intéressant & inspirant!
Bonne chance pour la suite!
Merci Frederic ! 😍