En septembre 2026, cela fera 8 ans que je suis installée en Espagne ! Et, avant de vous faire un article sur ces 8 années (incroyables disons-le !), j’ai eu envie de revenir sur mon installation : comment je suis arrivée en Espagne et comment je suis restée ?
Sur les réseaux sociaux ou même via email, je reçois fréquemment des questions sur comment s’installer en Espagne ? Comment trouver du boulot ? Que faut-il comme papiers ? En réalité, je ne me sens pas toujours légitime de répondre car vous allez voir que mon arrivée a été bien encadrée et que finalement, ça date déjà un peu. Mais, je me dis qu’en partageant mon parcours, ça peut vous donner au moins quelques réponses ! J’aborderai donc rapidement les démarches indispensables et quelques conseils mais ce n’est clairement pas mon domaine d’expertise.

Mon arrivée en tant qu’assistante de langue française
A la fin de mes études (en Belgique), j’avais un « regret » : ne pas être partie en Erasmus. En effet, dans le cadre de mes études d’Histoire, l’option n’était pas proposée et lors de mon master en Tourisme, réalisé en un an, l’occasion ne s’est pas non plus présentée. Et pourtant, j’avais vraiment envie de vivre une expérience à l’étranger.
Je me suis donc renseignée sur les possibilités pour les jeunes diplômés et je suis tombée sur un programme plutôt (même très très) sympa.
Le programme de WBI pour les Belges (et l’équivalent français)
Le programme d’auxiliaire de conversation en langue française à l’étranger organisé par Wallonie Bruxelles Internationale (WBI). C’est l’organisme chargé des relations internationales de Wallonie-Bruxelles et il propose toute une série de programmes et d’échanges pour les étudiants et jeunes diplômés belges avec des partenaires à l’étranger.
Pour les français, un programme équivalent existe avec France Education.
Les prérequis pour être auxiliaire de conversation sont : d’être francophone natif (ou au moins un niveau C2), avoir moins de 35 ans; être résident en Fédération Wallonie-Bruxelles; être diplômé d’enseignement supérieur. Bref, je répondais à tous les critères. Bonus également pour ceux qui ont l’agrégation d’enseignement, ce que j’avais aussi ayant fait mon agrégation d’histoire.
Après une série d’entretiens (vraiment sympas) et quelques épreuves, il faut choisir ses destinations (il y a plein de pays). Je me rappelle avoir choisi dès le départ l’Espagne mais ensuite, il fallait choisir 3 régions en Espagne par ordre de préférence. On ne reçoit sa région finale que quelques mois avant le départ !
L’Espagne était une évidence pour moi. C’est l’espagnol que je souhaitais apprendre, j’ai toujours eu une affinité toute particulière avec le pays et en plus, mon compagnon avait fait, lui, un Erasmus de 1 an à Valencia (autant vous dire, que j’y ai passé du temps aussi 🤭). Le pays choisi, au choix des régions je note : Communauté Valencienne, Andalousie, Castille-et-Leon.
Lorsque le verdict tombe : je suis en Communauté Valencienne ET à Valencia carrément (car j’aurais très pu tomber à Dénia par exemple). Un signe du destin, de la chance, je ne sais pas mais j’étais très heureuse !!
Les démarches administratives indispensables et dans le bon ordre
Vous comprendrez donc que mon arrivée en Espagne a été simplifiée par ce programme ! En effet, c’est eux qui se sont chargés de la démarche principale, à savoir l’obtention du NIE (Numéro d’identification d’étranger), le GRAAL pour s’installer en Espagne. Ce numéro est demandé dans toutes les démarches (même prendre un abonnement téléphonique et parfois même pour recevoir un colis). Ce serait donc mon premier conseil si vous pensez à l’Espagne pour y vivre : obtenez ce NIE.
J’arrive donc en Espagne avec ce NIE en poche. Prochaine étape ? Trouver un logement pour ouvrir un compte en banque le plus rapidement possible (et pouvoir être payée). Pour ouvrir ce compte, il faut en effet le NIE et une adresse postale.
Enfin, j’ai pris un abonnement téléphonique sur place car bien moins cher qu’en Belgique et ça m’a permis d’avoir un numéro espagnol rapidement.
Durant mon assistanat, je suis restée domiciliée légalement en Belgique (car c’était la condition du programme) et je suis donc restée affiliée à la mutuelle belge et en cas de besoin médicaux c’est ma carte européenne que je devais faire intervenir.
Les choses ont changé une fois que ce programme a pris fin, je vous en parle un peu plus bas.
La belle vie en tant qu’assistante de langue
Concernant le job d’auxiliaire, c’était très cool car l’idée est d’être assigné dans un lycée public et de travailler avec le professeur de français pour PARLER avec les élèves et ce entre 14h et 16h par semaine … oui, ce qui laisse beaucoup de temps à côté ! La rémunération s’élevait à l’époque à 700€ (aujourd’hui c’est entre 800 et 1000€ selon la région). A côté, je donnais quelques cours de français via les petites annonces et j’ai aussi beaucoup profité pour explorer la région de Valencia et le reste de l’Espagne.
WBI, France Education et l’équivalent anglais / américain (pour les auxiliaires de langue anglais) organise une journée de rencontre au début du programme, j’ai donc sympathisé avec d’autres personnes ayant le même horaire que moi plus ou moins, la BELLE VIE !
Le programme de WBI est renouvelable 3 ans, de mon côté je l’ai fait 2 ans, dans 2 lycées différents.
Ces années, j’ai voyagé à Madrid plusieurs fois, à Barcelone, à Majorque, à Ibiza, à Alicante, à Grenade … !




Mes débuts à Valencia
Ma vie en Espagne débute donc à Valencia ! Une ville que je connaissais déjà via l’Erasmus de mon compagnon et qui pour moi coche toutes les cases : la mer, le soleil, la ‘grande’ ville mais pas trop grande, la culture, l’architecture, le sport, … On ne s’ennuie jamais à Valencia.
Vivre en colloc à Valencia
J’arrive en septembre 2018, seule dans un premier temps avec l’objectif d’apprendre à parler espagnol ! Ha oui, car je n’ai pas mentionné que pour WBI le prérequis est le niveau A1, en gros savoir dire quelques phrases pour se présenter … De mon côté, je sais me présenter et dire que je cherche un appartement 😂
Pour moi, pour apprendre le plus rapidement la langue, l’objectif est de trouer une colloc avec des espagnols. Les recherches ne sont pas si faciles en début d’année scolaire mais je finis par trouver une chambre dans un appartement de 3 dans mon quartier fétiche (Benimaclet).

Mon conseil si vous arrivez en Espagne pour vous installer, colloc ou pas : réservez d’abord un logement provisoire de type Airbnb pour 15 jours – 1 mois, ça vous donnera le temps de chercher et de faire les visites (ne réservez rien sans visiter, vraiment !). Et pour les recherches : Idealista pour les appartements et maisons à louer (et même à vendre) est le site de référence. Quant aux collocations : les groupes Facebook.
Vivre en couple à Valencia
Si vous suivez, vous savez que mon compagnon a fait son Erasmus à Valencia. Donc, quand le destin me fait tomber à Valencia pour le programme de WBI, on saute tous les deux de joie. Lui n’ayant en tête que d’y revenir ! Je pars donc seule les 6 premiers moi (avec mon objectif d’apprendre la langue) et il me rejoint en janvier 2019. Une fois que nous sommes à deux sur place, on reprend les recherches de logement, cette fois pour vivre en couple.
On adore le quartier de Benimaclet où je vivais déjà mais les prix pour les appartements à deux sont exorbitants et on se rabat sur la Malavarossa, le quartier « populaire » de Valencia. MEILLEURE DECISION du monde !



Rien qu’en écrivant ces lignes, je suis hyper nostalgique de ce quartier. On vivait à côté de la plage mais pas la zone hyper touristique, tout en étant juste à côté de l’université et des champs de Alboraia. Bref, on était trop bien.
Mon compagnon lorsqu’il arrive à Valencia pour de bon, doit reprendre les démarches administratives : le NIE (sur place, ça se demande via le commissariat), le compte en banque, la domiciliation (le padron) et … trouver du travail ! Avec le français en poche et un diplôme d’ingénieur, il a rapidement trouvé. Le contrat signé, il a du également s’inscrire à la sécurité sociale espagnole et a été chercher sa carte de santé au Centro de Salud du quartier.
Covid, fin de mon contrat WBI et le statut d’autonoma
Je ne vous apprends rien en vous disant que quelques années plus tard, le COVID chamboule les plans ! J’avais renouvelé pour un an mon contrat avec WBI mais la fin d’année scolaire est bien lourde avec des classes de conversation à distance (optionnelle, le français étant totalement relégué au second plan dans l’école) … Je sais que je peux redemander une troisième année, je le fais mais je ne suis pas retenue, les effectifs étant réduits au maximum suite à une année difficile.
Je me retrouve donc sans rien mais avec plein d’idées dont Escapas mais pas que (à côté du blogging, je co-gère une agence de création de sites web et SEO, Le Studio Marlie) !
Je mets tout ça en place et arrive le moment fatidique, il faut que je prenne le statut de freelance, autonoma en Espagne. Avec ce statut, comme pour un job salarié, je dois venir au bout de mes démarches administratives (domiciliation, sécurité sociale, etc.). Mais, pour être honnête avec vous, je délègue tout ça à un gestor (on pourrait dire en gros, une sorte de comptable) qui gère tout pour moi. Et depuis, je suis donc autonoma en Espagne et je n’ai plus « rien » à voir avec la Belgique.
Mon déménagement à Tenerife
Début 2023, on commence à aborder une envie de changements avec mon compagnon : déménager ! Non pas que Valencia ne nous plaise plus, tout au contraire mais on se dit que c’est notre seule expérience en Espagne et comment savoir si on n’aimera pas encore plus un autre endroit ?
De mon côté, j’ai toujours voulu vivre sur une île et les Canaries deviennent rapidement notre objectif ! Un renon d’appart plus tard, les cartons faits, la voiture chargée (entre temps, on a acheté une voiture), on embarque mon compagnon, mon chien (entre temps bis, on a adopté un chien dans une association) et moi dans le ferry direction Tenerife pour s’y installer.





Les démarches pour un déménagement dans les îles
Le déménagement était assez simple. On a appliqué mon conseil n1 : pris un Airbnb 1 mois le temps de faire les recherches d’appartements sur place. En 3 semaines, on trouvait (ouf) et on s’installait pour une nouvelle expérience. Ayant déjà tous nos papiers espagnols, jobs, etc. le déménagement était vraiment facile. Quelques changements d’adresses à effectuer (padron, banque, téléphonie, voiture en gros).
La seule chose qui été un peu plus compliquée a été mon statut d’autonoma. En effet, je pensais seulement devoir faire un changement d’adresse mais les Canaries ont un statut fiscal particulier et j’ai donc du me désinscrire sur la péninsule pour m’inscrire à nouveau sur les îles, le tout à l’aide d’un nouveau gestor.


Et la suite ?
Quant à la vie sur place, je me plais beaucoup à Tenerife : la variété des paysages, d’activités, … j’adore ! C’est très très différent de la vie dans une grande ville comme Valencia évidemment. Je vis dans un petit village (avec vue sur le plus haut sommet d’Espagne !) et aujourd’hui nos temps libres sont rythmés par la randonnée et l’océan principalement ! La vie est encore plus douce qu’en Espagne continentale avec une culture bien différente. C’est vraiment une expérience que je suis heureuse de vivre.
Néanmoins, je sais aussi que ce n’est pas mon lieu de vie définitif et qu’un retour sur le continent (toujours en Espagne hein quand même 👀) sera un jour prévu.
Valencia me manque beaucoup pour la culture, la vie urbaine, mes amis mais je ne sais pas si j’aurais envie de revivre en ville. On verra où le vent me (nous) mène !

Merci de m’avoir lue ! Si vous avez des questions ou souhaitez partager votre propre expérience, faites-le en commentaire 🙂
Et, si cet article vous a plus, vous serez aussi peut-être séduit par mon article sur mes plus beaux souvenirs d’Espagne.




2 réponses
Hello Julie,
Quelle plaisir de lire cet article, même si je connaissais déjà en grande partie l’histoire 😁. Nous réfléchissons à revenir en Espagne nous aussi, sans savoir encore où. J’espère qu’on s’y reverra !
Hello Julie 🤭
Merci d’avoir lu et pris le temps de mettre un commentaire, ça me touche ! 🥰
Oh oui ce serait génial ça !